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- J'ai écrit mon premier livre, sans le savoir
Quand j’ai enfin trouvé le nom de ma maison de thé — je vous en parlerai très bientôt dans un autre post — quelque chose s’est aligné. Ce n’était pas seulement un nom. C’était une direction. Une promesse. Et très vite, une évidence : mes thés ne pouvaient pas exister seuls. Ils avaient besoin d’un écrin , d’un objet qui raconte ce qu’ils portent en eux. Le thé, pour moi, a toujours été un voyage. Pas un déplacement, mais une échappée . Une manière de s’extraire du réel, de ralentir, d’explorer autrement. Cette envie d’ailleurs m’habite depuis l’enfance. Je me revois encore, petite, blottie dans le fauteuil chez mes grands-parents, disparaissant pendant des heures dans les livres de leur bibliothèque. Ou perchée dans le noyer du jardin, à l’abri du monde, laissant les histoires m’emmener là où je n’étais jamais allée. C’est là que tout a commencé, sans que je le sache encore. Explorer. Ce mot me guide depuis toujours. Se perdre dans la forêt d'Alishan à Taïwan, n'est-ce pas le rêve de tout le monde ? Et puis il y a l’écriture. Le papier. Les mots posés à la main. Même à l’autre bout du monde, j’ai toujours écrit. Des lettres, des cartes, des carnets, des fragments de voyage envoyés à ceux que j’aime. L’écriture manuscrite se perd, et je trouve cela infiniment triste. Elle est lente, imparfaite, intime — mais elle est vivante. À chaque voyage, j’envoie une carte. Parfois, j’y ajoute même une goutte du thé que je suis en train de boire en l’écrivant. Comme une photographie invisible. Elle immortalise ce que je vois, ce que je bois, ce que je ressens sur le moment. La carte arrive des jours, parfois des semaines plus tard. Ce décalage dans le temps fait partie de la magie. C’est une émotion qui voyage, elle aussi. Lors de mon séjour à Taïwan, j'envoie même des cartes avec du thé et du café à l'intérieur. PS : j'ai écrit le nom et l'adresse du destinataire en chinois et elle est arrivée à bon port, je ne suis pas peu fière de moi :) Lorsque j’ai commencé à imaginer le design de mon livre , j’ai pris le temps. Beaucoup de temps. J’ai arpenté des bibliothèques, fouillé des brocantes, feuilleté des dizaines et des dizaines de livres anciens. Certains étaient dédicacés, d’autres non. Tous portaient l’empreinte de vies que je ne connaissais pas. Des mots écrits pour quelqu’un, à un instant précis, destinés à traverser le temps sans savoir entre quelles mains ils arriveraient un jour. Visite de la Librairie des Highlands de l'Ecosse Une brocante dans une église parisienne : je ne pouvais pas rêver mieux Une librairie à Bordeaux, le lieu idéal pour une échappée littéraire Ces livres m’ont profondément marquée. Ils racontaient autre chose que leur contenu : ils racontaient les histoires des autres . Une première ébauche de mon livre qui m'accompagne dans les passages parisiens C’est de tout cela qu’est né ce livre. Un livre pensé pour renfermer mes trésors , mes trouvailles, mes voyages. Un objet que l’on garde, que l’on ouvre avec soin, que l’on feuillette lentement. Un livre qui accompagne le thé, mais qui vit aussi par lui-même. Un livre que l’on peut dédicacer, transmettre, conserver. Un objet qui porte une intention. Aujourd’hui, j'écris et je crée ce livre pour vous — ou pour quelqu’un qui vous est cher. J'imprime votre dédicace dans le livre avant de le relier, ainsi son destinataire reçoit un livre édité en exemplaire unique spécialement pour lui ou pour elle. Cette attention touche tout particulièrement. J'ai déjà édité plusieurs tomes : des voyages autour des thés, des origines, des grands crus… Et puis il y a les livres encore plus précieux, ceux que je crée sur mesure . Pensés pour une personne en particulier, pour une histoire, pour un moment de vie. Savoir que mes livres ont déjà voyagé jusqu'aux mariages , tout droit dans les mains des mariés, me touche profondément. Si vous avez envie d’offrir un cadeau qui touche, qui marque, qui raconte quelque chose de vrai — contactez-moi. Ou découvrez la collection actuelle ici : Livres Prestige Je prendrai le temps d’imaginer et de confectionner le livre parfaitement adapté à la personne à laquelle vous pensez . Parce que certains cadeaux ne se consomment pas. Ils se vivent. Et ils restent.
- Mon enfance au goût de thé : souvenirs infusés de Russie
Je ne pourrais pas dire quel a été mon tout premier thé. En Russie, le thé est une évidence . Il est là, tout simplement — posé au bord de la table, au coin du samovar, au cœur des discussions, au creux des silences. Il fait partie du quotidien comme la neige en hiver, ou l’odeur du pain chaud en rentrant de l’école. Il n’a pas besoin d’être annoncé, ni expliqué. Il est. Et il accompagne. Je crois que j’ai grandi dans le thé. Il me semble que j’en buvais déjà enfant, sans même m’en rendre compte. Peut-être que c’était d’abord quelques gorgées dans la tasse d’un adulte, ou dans un grand verre à fond épais avec un porte-verre en métal. C’était chaud, réconfortant, et toujours sucré. En Russie, le thé se boit souvent très fort… et très sucré. Mais rapidement, vers mes 8-9 ans (je m'en souviens étrangement très bien), je me suis mise à le préférer nature, sans sucre, pour entendre son vrai goût. Il y avait quelque chose de brut, de sincère, dans ce goût non masqué. Quelque chose qui me parlait déjà. Chez nous, on préparait le thé à la russe , c’est-à-dire en deux temps : une première infusion très concentrée — qu’on appelle zavarka (заварка) — que l’on garde au chaud, autrefois sur le dessus du samovar (ce n'est plus le cas maintenant, peu de russes possèdent ou utilisent le samovar au quotidien). Puis on la dilue avec de l’eau bouillante au moment de servir, chacun selon son goût. C’est un geste simple, mais plein de nuance : un peu plus de zavarka pour ceux qui aiment le thé corsé, un peu moins pour les enfants ou les grands-parents. Ce rituel créait un espace de lenteur, de présence. Un prétexte parfait pour s’attarder à table, parler, refaire le monde, ou simplement rester ensemble. En pleine préparation du Samovar, ici chauffé aux pommes de pin Le thé, en Russie, n’est jamais juste une boisson chaude. Il est lieu , lien , temps partagé . Il suit les saisons, les heures, les états d’âme. Il accompagne les confitures maison, les souvenirs d’été à la datcha , les longues conversations d’hiver, les moments de répit et de tendresse. Je crois que c’est là, dans cette enfance où le thé faisait partie du décor vivant, que s’est enracinée ma passion. Pas une passion pour un produit, mais pour ce que le thé permet : une reconnexion à ce que l’on ressent, à ce que l’on perçoit vraiment; une manière d’entrer en lien avec les autres, sans masque, autour d’un geste simple; et cette curiosité profonde, que je porte en moi depuis toujours, pour les terres, les savoir-faire, les cultures. Boire le thé, pour moi, ce n’est pas s’isoler — c’est explorer. C’est (s')écouter, goûter, et découvrir encore. Ce blog est né de ce souvenir-là, il sera un carnet ouvert. Un lieu pour raconter ce que le thé continue de m’enseigner. Un endroit pour partager des histoires d’infusion, de saison, d’humanité. Un espace pour celles et ceux qui aiment sentir, apprendre et tisser des liens , tasse après tasse.
- Pourquoi infuser à froid change tout
L’idée peut sembler contre-intuitive : pourquoi infuser du thé sans chaleur, alors qu’il a toujours été associé à l’eau frémissante et aux tasses fumantes ? Et pourtant, l’infusion à froid transforme tout. Elle ne change pas seulement la température de la boisson. Elle change son rythme , sa texture , son langage . Une autre façon d’écouter le thé L’infusion à froid, c’est une invitation à ralentir. À laisser le temps faire son travail. À ne rien forcer. On place les feuilles dans de l’eau fraîche, on laisse infuser quelques heures (au réfrigérateur ou à température ambiante), et on patiente. Pas de précipitation, pas de choc thermique, pas de théine extraite trop vite. Ce temps lent permet au thé de parler plus doucement , mais souvent plus clairement . Les arômes se révèlent progressivement, sans brutalité. Des notes que l’eau chaude aurait effacées ou rendues peu agréables deviennent ici visibles — florales, fruitées, douces, parfois surprenantes. Alliance du thé glacé et des glaçons de fruits Ce que le froid révèle L’eau chaude extrait tout très vite : les parfums, la théine, les tanins… et parfois, un peu trop. L’eau froide, elle, sélectionne. Elle évite l’amertume , adoucit les tanins , et préserve les arômes les plus volatils. Un thé vert pourra ainsi révéler des notes végétales tendres, sans cette sensation parfois marine ou métallique qu’il développe à chaud. Un oolong léger s’exprimera dans ses nuances fruitées ou lactées, presque sans effort. Même certains thés rouges (noirs) gagnent en rondeur, en gourmandise, infusés lentement. Et puis, il y a ce plaisir particulier de découvrir un thé qu’on croyait connaître… et de le redécouvrir sous une autre lumière. Une infusion qui dure L’infusion à froid a un autre avantage discret mais précieux : elle permet souvent plusieurs infusions , surtout avec des thés de qualité. Tu peux remplir ta carafe deux, trois, parfois même dix fois selon les feuilles. C’est une manière simple d’étirer le plaisir, de ne rien gaspiller, et de jouer avec les intensités. Chaque passage révèle quelque chose de nouveau. Et au-delà : cocktails, mocktails, créations Un thé infusé à froid n’est pas qu’un thé froid. C’est une base vivante, subtile, pleine de possibilités. Tu peux : le servir sur glaçons avec des fruits frais ou des herbes, le mélanger à un trait de jus ou d’eau pétillante, en faire un mocktail parfumé, une alternative saine, élégante et originale aux boissons alcoolisées de l’apéro ou même l’utiliser en cuisine (soupes froides, marinades, desserts…). L’infusion à froid te donne la matière , à toi d’inventer le reste. Mocktail Hojicha glacé, nectarine et touche de lavande Quelques conseils simples Utilise une eau douce, peu minéralisée. Dose légèrement plus que pour une infusion chaude. Compte 2 à 4 heures pour des thés verts, blancs ou bleus peu comprimés, 6 à 12 heures pour les thés compressés, roulés ou compacts (perles ou écailles de dragon par exemple). N’infuse pas à l’eau chaude pour refroidir ensuite : tu perds la clarté, tu gagnes en amertume. Goûte régulièrement, teste, explore. Infuser à froid, c’est… … écouter autrement .… respecter le rythme des feuilles .… découvrir sans brûler les étapes .… transformer une simple boisson en expérience sensorielle . Que ce soit dans une grande carafe pour un repas d’été, dans une tasse en silence au petit matin, ou comme base pour un moment créatif, le thé à froid n’est pas une version "fraîche" du thé chaud. C’est une autre voie , avec sa propre poésie. Bonnes dégustations !



